Le harcèlement, un enjeu économique et social

En toile de fond avec une nouvelle organisation de travail

Le harcèlement devient un enjeu économique majeur pour les entreprises, et l’expression au grand jour de ce fléau tend à se démocratiser de plus en plus. On en parle plus librement alors qu’auparavant, le harcèlement moral et le harcèlement sexuel demeuraient un tabou. Il était difficile d’émettre un son dans une discussion sans que l’évocation du mot « harcèlement » ait connotation péjorative et difficilement perceptible par l’environnement managérial, alors qu’il faisait mention au sens subjectif du terme de la notion de harcèlement sous toutes ses formes. De fait, il est temps de prévenir ce que nous nommons les risques psychosociaux (RPS).

Le travail se modernise et permet aux salariés de travailler depuis la maison, grâce aux nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC) mises à la disposition du personnel. Ces dernières permettent de faire du télétravail depuis n’importe quel lieu, à condition de bénéficier d’une connexion internet. Cette prérogative est à double tranchant, dans le sens où elle conduit à une « hyper-connexion au travail ». Le fait de pouvoir s’adonner à ses activités professionnelles n’importe où et n’importe quand, tend à favoriser le surinvestissement au travail. Cela aurait également pour conséquence d’engendrer de la fatigue et de l’isolement face à ses pairs, et aboutirait par conséquent, à une autre forme de collaboration et de nouvelles pratiques managériales. Ces dernières s’articulent aujourd’hui autour des outils numériques. Cette nouvelle forme d’organisation de travail permet aux salariés d’être connectés 24 heures sur 24 et suscite des questionnements. Dans certains cas, elle pourrait être au détriment d’un espace de vie privée, nécessaire au ressourcement. L’agencement des horaires de travail s’inscrit manifestement dans une description de poste, mais sans que le travail prescrit en fasse clairement mention. De plus, cette nouvelle forme de travail s’articule autour d’objectifs de plus en plus importants, et où la qualité demeure très présente, et ceci afin de faire face à des demandes de plus en plus pressantes. De fait, ce phénomène est générateur de stress pour les salariés. Le stress est ressenti par les collaborateurs de façon insidieuse et pouvant s’apparenter à du harcèlement.

Les nouvelles technologies employées confèrent une légitimité à une activité professionnelle, à partir de l’instant où elles font appel à de multiples compétences qu’il est indispensable d’acquérir à la vitesse de l’évolution technologique, appelées à ce jour, « knowledge management ». Ces dernières résultent d’un agencement de compétences interchangeables, agrémentées de relations entre pairs quelque peu factices, sous couvert d’un écran protecteur, où chacun est confiné dans un lieu isolé. C’est pourquoi on s’expose à une explosion des collectifs, et on tend ainsi à mettre un frein au terme « ensemble on travaille mieux ». Cette expression se traduit par une mise en lien entre pairs colorée d’une virtualité, et fait ainsi place au « chacun pour soi ».

Les NTIC n’ont pas que des vertus négatives dans le sens où elles offrent de l’émulation dans le travail, et font l’objet d’appropriation du cœur de son activité de travail. Cela peut être la résultante d’une source de performance. Le salarié peut s’adonner alors à son activité professionnelle à l’heure qui lui convient et exécuter ses tâches dans un lieu exempt de bruit, et d’une rupture soudaine liée notamment à l’intervention de collègues dans son bureau par exemple. Le télétravail permet à l’employé de répondre à des demandes à distance, lorsque son espace de travail lui permet, et sans être interrompu lors de l’élaboration d’une tâche. L’attention et la concentration demeurent, et réduisent ainsi le ressenti lié à la charge de travail.

Aujourd’hui la perspective à long terme, est de favoriser un milieu de travail sain, et une ONU pour tous.

De fait, il est temps de mettre l’accent sur la qualité de vie au travail et d’en faire un sujet de discussion principal. Le but étant de conjuguer santé et performance économique, tout comme la qualité de vie sociale. L’objectif est essentiellement de positionner la valeur Homme/Travail, portant le blason d’un capital stratégique, ce qui n’est pas à négliger. Pour faire face à ces transferts d’usage et d’apprentissage liés aux changements, le travailleur doit être en mesure de se former et d’accepter l’évolution, en lien avec les méthodes de travail de demain. Cela requiert de profondes remises en cause dans la manière d’opérer.

Comment définit-on une Qualité de Vie au Travail (QVT) ?

Elle peut se concevoir à condition de ressentir un bien-être au travail, perçu individuellement ou collectivement, et comprend tout aussi bien l’ambiance qui règne au sein d’un collectif, la culture de l’organisation, l’intérêt au travail, les conditions de travail, l’implication, le degré d’autonomie, la responsabilisation, l’égalité, la reconnaissance et la prise en compte du travail effectué par ses pairs. Le fait de pouvoir s’exprimer dans un groupe de travail a un impact non négligeable dans la valorisation du travail et à l’intégration dans un collectif. D’où l’importance d’instaurer un dialogue social dans le but de mettre des mots sur un mal-être ressenti au travail.

Les enjeux de la qualité de vie au travail pour l’organisation

Pour l’entreprise :

  • Le désengagement et désinvestissement des fonctionnaires occasionnés par une perte de sens liée à leur travail (absentéisme/baisse de productivité) .

  • Conflits internes au sein du collectif – Absence de cohésion au sein des équipes/dégradation des relations entre pairs .

  • Baisse du rendement et de la performance économique .

  • Baisse de la crédibilité vis à vis de l’organisation.

  • Image négative de l’organisation.

Pour le salarié :

  • Perte de sens en lien avec son activité de travail, suscitée par une paupérisation de la QVT.

  • Porte ouverte aux maladies psychosomatiques (dépression/épuisement professionnel (burn-out), etc.).

  • Amputation de son pouvoir d’agir marge de manœuvre réduite.

  • Perte de légitimité.

  • Altération de la subjectivité du fonctionnaire, qui voit ses gestes de métier altérés par le modernisme, et doit banaliser le concept de qualité jusqu’alors mis en priorité.

  • Renoncement à une manière de faire, d’être et d’usage face à la machine. (Au préalable, l’homme était maître de la machine, aujourd’hui la machine est maître de l’homme – les rôles sont alors inversés).

Nos objectifs

Le but est de sensibiliser les managers et le personnel aux problèmes liés au harcèlement, qui certes, engendre une souffrance au travail. Une légitimation du harcèlement voit le jour et le but essentiel est qu’il soit divulgué librement. Le harcèlement sous-tend une violation des droits du fonctionnaire et met un frein à l’objectif de résultat auquel il est enclin.

Selon le règlement en vigueur, et en vertu de l’article de loi du 6 août 2012, article L.1153-1 du Code du travail français, il est stipulé que :

 Tout fonctionnaire ne doit pas faire l’objet de harcèlement sexuel, notamment, constitué de propos ou comportements à connotations sexuelles répétés qui portent atteinte à sa dignité, en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, et qu’ils créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. »

Peuvent également être considérées comme assimilées au harcèlement sexuel :

Toutes formes de pression grave, même si ces dernières ne sont pas nécessairement répétées, mais sont exercées dans le but réel, ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, et que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers. 

Contrairement au harcèlement moral qui dépend de preuves répétées, le harcèlement sexuel ne doit pas forcément faire l’objet d’agissements redondants, mais doit être démontré comme étant une entrave à la vie privée du fonctionnaire, et à une atteinte lourde de sa dignité et de sa santé.

Le message que nous souhaitons colporter à tout un chacun est de vous préserver de tout risque de harcèlement notamment sexuel, qui peut exposer l’auteur de cet acte à de lourdes conséquences juridiques.

Le harcèlement sexuel a des conséquences importantes sur la vie professionnelle du salarié, dans le sens où tout professionnel exposé au harcèlement, est pris dans une sphère émotionnelle qui le conduit à perdre le lien avec la réalité, mais également d’évitement, et ceci afin de ne pas être jugé ou exposé au grand jour, et à la grande âme de ses pairs. Il subsiste également une peur de faire l’apogée des critiques destructrices de ses pairs, pour causes d’absence de preuves claires, tangibles, et qui, aux premiers abords, semblent être infondées.

La seule issue étant d’avoir des collègues vigilants, et bien sûr au fait de la situation réelle. À ce titre, ils doivent être prêts à valider la situation de harcèlement sexuel existante, au bénéfice du fonctionnaire en souffrance, et ceci pour la bonne santé de l’organisation.

L’objectif sous-tend de vivre dans un espace de travail sain. À ce titre, la cohésion d’un collectif demeure la clé de voûte d’une bonne organisation de travail et de la valorisation des conditions de travail, dans le but de favoriser la santé au travail.